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La République, wikipedia

LA REPUBLIQUE

La république désigne un mode de gouvernement dans lequel le pouvoir est exercé par des personnes élues. Une république est typiquement antonyme d’une monarchie héréditaire, mais n’est pas toujours synonyme de démocratie.
Voir La 4e République, collectif.

Étymologie et évolution du sens

Le mot « république » provient du latin res publica qui signifie au sens propre « chose publique » et désigne l’intérêt général puis le gouvernement, la politique et enfin l’état. La république (Politeia) de Platon, Le politique (Politikie) d’Aristote et De la république (De Republica) de Cicéron traitent tous des formes de gouvernement. Res, en langage juridique latin, désigne la cause plaidée (Dictionnaire étymologique latin). Historiquement il s’agit de la cause de la plèbe, plaidée par le tribun — représentant des « tribus » — devant le Sénat romain composé des patriarches des familles connues de Rome.
 

En 1576 Jean Bodin la définit dans Les six livres de la République comme « le droit gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est commun, avec puissance souveraine ». Cet ouvrage décrit les principes symboliques et l’organisation juridique de la monarchie française où le terme de république est, bien que complexe dans son emploi, synonyme de la souveraineté d’un prince dans l’ordre de la loi naturelle. Dans Du contrat social, Jean-Jacques Rousseau la définit comme « tout État régi par des lois, sous quelque forme d’administration que ce puisse être ; car alors seulement l’intérêt public gouverne et la chose publique est quelque chose ». Tout gouvernement légitime est républicain. Le terme est clairement synonyme de « gouvernement », de « bonne gouvernance ». Plusieurs courtisans du XVIIIe siècle écrivent des poèmes où ils louent la bonne gestion par Louis XIV de la république.

République prend alors le sens de communauté d’esprit ou d’idée, dans le sens d’une recherche du bien commun dans un domaine donné. On trouve chez Blaise Pascal le concept de « République chrétienne » (Pensées, liv. XXIV, 15) que reprennent Voltaire ou Rousseau dans leurs écrits. On voit encore apparaître celui de « République des Lettres » comme chez Montesquieu (Lettres persanes, CXLII).

Au moment de la Révolution française, en référence à la République romaine qui s’est établie à la suite de la monarchie, le régime politique qui fait suite à l’Ancien régime est baptisé « république » en référence à l’idéal de gouvernement romain. Le 21 septembre 1792, en conséquence de la proclamation de l’abolition de la royauté, la Première République française est déclarée. Cependant, à cette époque, l’opposition entre république et monarchie n’est pas encore officiellement établie puisque, en 1804, Napoléon Bonaparte se considère comme Empereur de la République française.

Par la suite, en français, le mot s’est confondu avec le mot démocratie par opposition au despotisme et à la monarchie. Une évolution de sens notable s’est opérée dans l’histoire récente, puisque jusqu’au XVIIIe siècle la tradition opposait, d’après les Politiques d’Aristote, le régime issu de l’élection qui repose sur le choix de quelques-uns des citoyens selon leur mérite, leurs compétences ou leur richesse (l’oligarchie et l’aristocratie, qui devinrent par la suite la république), et un régime issu au moins partiellement du tirage au sort qu’il appelle démocratie. Le sens et l’intérêt du régime démocratique s’expliquait alors pour Aristote par l’idée de liberté politique, selon laquelle un citoyen est libre dès lors qu’il a alternativement le pouvoir de gouverner et d’être gouverné. Cette assimilation récente s’explique par l’histoire politique moderne des révolutions américaines et françaises, lors desquelles le problème de l’adoption de la démocratie a été débattu parmi les constituants qui la refusaient (notamment l’abbé Siéyès), lui préférant l’idée d’un gouvernement représentatif, autrement dit républicain.

Voir à ce propos le livre de Simone Goyard-Fabre et al., Les embarras philosophiques du droit naturel, Paris : Vrin, 2002 (ISBN 9782711615889), Op. cit., p. 61-62. – Gabriel-André Pérouse [et alii], L’œuvre de Jean Bodin : actes du colloque tenu à Lyon à l’occasion du quatrième centenaire de sa mort, 11-13 janvier 1996, Paris : Honoré Champion, 2004, p. 39